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Le riche qui pète de la broue!

biere.jpg
Elle est bonne! La bière et l'analogie... Depuis déjà des lunes, une histoire de bière circule sur le Web, une histoire d'impôt et de broue qui vulgarise très bien le principe de taxation entre riches et pauvres. Après la lecture du texte en question, on serait tenté de diminuer les attaques sur "les riches qui ne paient pas d'impôt" et de doser un peu nos préjugés. Claude Picher l'a rappelé dans le journal La Presse, il y a quelques jours. Monsieur Picher parlait d'un auteur anonyme. Mais, celui qui l'a propagé:David R. Kamerschen est professeur d'économie à l'Université de Georgie. Pour ceux qui l'ont manqué, voici le texte intégral:

Les impôts semblent s'expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c'est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre. Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l'addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun). S'ils payaient la note de la même façon que l'on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci:

* Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
* Le cinquième payerait 1 $ Le sixième payerait 3 $
* Le septième payerait 7 $
* Le huitième payerait 12 $
* Le neuvième payerait 18 $
* Le dernier (le plus riche !) devrait payer 59 $.

Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.

Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu'au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :

«Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j'ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ ».

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu'ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable? Ils réalisèrent que 20$ divisés par 6 faisaient 3,33$. Mais s'ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur bière. Le tenancier du bar suggéra qu'il serait équitable d'appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus "pauvres" et de réduire l'addition comme suit:

* Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
* Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
* Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
* Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
* Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
* Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)

Chacun des six «payants» paya moins qu'avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie:

«J'ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise», dit le 6°, il désigna le 10° «Lui il a eu 10 $».

«ouais! dit le 5°, j'ai seulement eu 1 $ d'économie aussi»

«C'est vrai!» s'exclama le 7°, «pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n'en ai eu que 2? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»

«Attendez une minute» cria le 1° homme à l'unisson, «Nous quatre n'avons
rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres»

Les 9 hommes cernèrent le 10° et l'insultèrent. La nuit suivante le 10° homme (le plus riche?!) ne vint pas. Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d'important: Ils n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l'addition. Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues professeurs est le reflet de notre système d'imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d'une réduction de taxe. Taxez les plus forts, accusez-les d'être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait, ils pourraient commencer à aller boire à l'étranger où l'atmosphère est, comment dire, plus amicale.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

Ce texte a été remarqué par:
David R. Kamerschen, Ph.D.
Professeur d'économie
Universiy of Georgia, USA

Publié par Fabien Major  le mercredi 14 novembre 2007 à 8H45

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Cet article a reçu 11 commentaires:

Francois a dit le 14 novembre 2007

La première ligne du site du professeur Kamerschen dit ceci: "Contrary to Internet folklore, Dr. Kamerschen is NOT the author of "Tax Cuts: A Simple Lesson in Economics." Additionally, he does NOT know who wrote it."


Jean-Loup Brault a dit le 14 novembre 2007

Au Québec, les riches ne sont pas assez nombreux, alors la classe moyenne, dont je fais partie, paie beaucoup plus que sa juste part pour les services qu'elle reçoit.

Peut-on faire venir les riches au Québec, ou les former et créer les conditions favorables qui feront en sorte qu'ils travailleront au Québec? À nous de trouver les réponses.


Langis de Ladurantaye a dit le 14 novembre 2007

C'est comique, surtout les deux dernières phrases. Mordantes! On pourrait y ajouter que parmi les quatre plus pauvres, au moins un d'eux n'a pas accès à cette bière qu'il ne paie pas. Et qu'arriverait-il si les riches déménageaient indéfiniment vers leurs amis plus conciliants? À la fin, y aurait-il assez de ces derniers pour qu'ils demeurent riches? Je parie que cet économiste n'aura jamais le pris Nobel.


Albert a dit le 15 novembre 2007

C'est un mythe de penser que les riches partirons. Car s'ils sont devenu riche c'est justement car il vive dans un pays qui leur a profité.

Donc le débats est faux dans cette histoire car il repose sur des suppositions et surtout... sur la peur.


MartinX a dit le 15 novembre 2007

@ Albert,

Quand on parle des riches, il faut voir un peu plus loin. On ne parle pas nécessairement d'un personne, mais cela peut-être une entreprise. Ces entreprises peuvent déménager et s'installer dans un endroit où l'imposition sera plus favorable.


Eric a dit le 16 novembre 2007

L'immature niera toujours l'évidence... Dérangeant n'est-ce pas cette petite leçon? et pourtant... c'est ce qui se passe...


nicolas a dit le 22 novembre 2007

Belle leçon! Faudrait repasser ce texte avec un guide de détection de poutine pour comprendre ce qu'il sous-entend.


cricri a dit le 24 novembre 2007

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

Ce qui fait partir les riches ce ne sont pas les taxes mais le fait qu'ils sont soumis à la vindicte populaire ....


Yves Gingras a dit le 29 novembre 2007

Un peu simpliste cette histoire. Premièrement, les taux d'imposition des sociétés est inférieure au Canada qu'aux États-Unis !!! Et au Canada, le Québec, si l'on fait exclusion de la taxe sur le capital, est une des provinces qui taxe le moins les entreprises. Peut-on dire que les riches sont surtaxés dans ce contexte ?

Il s'agit donc d'un problème de répartition du fardeau fiscal entre les individus et les entreprises et non pas entre les riches et les pauvres.

De plus, ces impôts servent à payer des services aux citoyens.

Le riche Torontois qui doit payer sa maison 1 million et verser 17 000 $ par année pour payer les études de fiston en droit et de fifille en médecine et 1000 $ par mois pour la garderie du p'tit dernier est-il forcément mieux que le Montréalais surtaxé ? Je ne veux pas répondre à cette question mais je crois que la réalité n'est pas noire ou blanche mais plutôt grise.

Et puis, le riche ne peut indéfiniment se passer de bière. Il aime la bière lui aussi et trouvera le temps bien long sans pouvoir aller impressionner ses chums à la taverne avec son auto de luxe et ses beaux habits. Il finira donc pas retourner prendre sa bière avec les autres.

Les pauvres ont besoin des riches pour les faire payer les services gouvernementaux. Mais les riches ont besoin des pauvres pour s'enrichir. Cela va dans les deux sens.

Yves


fabien major a dit le 29 novembre 2007

Excellent, mais tu conviendras que ça fait parler! On peut ajuster tous les taux et inclure les charges sociales... Je suis parfaitement d'accord avec la couleur de la réalité... elle est parfois grise et même en couleurs! Au centre de tous les paradoxes, se trouve un peu de vérité...


marc a dit le 8 décembre 2007

Quelques commentaires sur cette blague qui circule depuis un bail sur le net:

échelle des revenus figée: absurdité! faire croire que les 10 personnes ne changent pas de job, ne se forment pas,etc.. est impossible à justifier

qui a fabriqué le bar et les chaises? utilité de l'être humain n'est pas seulement visible dans les impôts qu'il paie (participation à la production)

pourquoi baisse des prix et pas hausse des quantités? si le barman prend des verres plus grands et rajoute de la bière, la situation reste au stade initial, non?

la baisse des 20% est dûe à quoi: rentrées fiscales (=>baisse du prix de la bière)? croissance (la démographie étant figée, d'où vient elle?)? rien n'est indiqué bizarrement!

on peut sortir et non entrer: économie semi fermée? et puis quoi encore? absurde...

même conso des biens publics (bière)? absurde de penser que chaque individu consomme autant de bière (service public?) quelque soit son revenu...

impot direct et pas d'indirect? on oublie un peu vite dans cette caricature le rôle des impôts indirects (tva), il n'y a pas que l'impôt sur le revenu (prix de la bière) pour mesurer les efforts de chacun à la solidarité fiscale

en ayant fait des recherches sur le net, le prof cité comme l'auteur de cette blague a démenti...

cette propagande est du fait de partisans de la fameuse flat tax mais comme toutes les propagandes, elle ne résiste pas à l'analyse...

ps: les phrases les plus importantes de cette fumisterie sont:

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
>Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible

tout est fait pour ne pas réfléchir et suivre bêtement le cheminement (un prof d'éco l'a pondu et on essaie de faire passer pour des imbéciles tous ceux qui réfléchiraient là dessus...): tout réside dans l'absurdité des hypothèses retenues!!

si je prends comme hypothèse que la gravité n'existe pas, alors je peux voler! mon raisonnement est exact mais l'hypothèse étant stupide, ça ne rend pas logique la conclusion!!


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